À paraître le 16 juin 2026
Janvier-juin 2026
René Le Bihan, l'œil absolu
Marie-Renée Chevallier-Kervern
en couverture : René Le Bihan commentant le tableau Iphigénie
en Tauride, œuvre de l’École française du XVIIIe siècle, ca 1986.
Archives de Brest métropole – 2Fi3671
324 pages couleurs, 340 visuels
25 € chez Dialogues
35 € port compris > je commande
DOSSIER RENÉ LE BIHAN, L’ŒIL ABSOLU
DOSSIER MARIE-RENÉE CHEVALLIER-KERVERN, L'ÉLAN VERS L'UNIVERSEL
LE DOUBLE CHOIX DE LA RÉDACTION
VIE DE LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES DE BREST ET DU LÉON
Il est des hasards heureux… Pour le premier éditorial des Cahiers de l’Iroise qu’il m’est donné de signer en tant que nouveau président de notre société, me voilà à ouvrir un numéro dédié à deux étonnantes personnalités : le conservateur René Le Bihan (1937-2025) et l’artiste Marie-Renée Chevallier-Kervern (1902-1987). Deux êtres de talent qui se connaissaient bien et qui s’estimaient profondément.
Parfois impertinent, souvent roublard, toujours malin, usant d’un cinglant second degré, auteur de formules assassines, René Le Bihan était avant tout un amateur, au sens noble du terme. Un amateur doublé d’un érudit aux connaissances profondes, parfois stupéfiantes – mais comment faisait-il donc pour retenir tout ce savoir encyclopédique ? Comme le dit avec fraternité Yves Plusquellec, il avait « l’œil absolu ». Grâce à cela, il a pu découvrir des artistes méritant d’être exposés, il a su dénicher, parfois dans des circonstances absolument rocambolesques, de véritables chefs-d’œuvre de la peinture, notamment classique ou du courant symboliste. Avec rigueur, opiniâtreté, il a surtout su doter le musée de sa ville natale d’une collection de premier plan.
Je parlais de hasards heureux. Il y a tout juste vingt ans, lors des deux années que j’ai passé au musée des Beaux-Arts de Brest en tant que chargé de mission où, sous la supervision de la conservatrice en chef du musée de la rue Traverse, je me lançais dans l’étourdissant récolement et inventaire des collections réunies là durant des décennies. On savait le fonds très riche, mais je n’imaginais pas la multitude d’œuvres qui m’attendait vraiment. Avec ma supérieure et quelques agents du musée, nous étions les premiers à « plonger » dans des réserves que nul n’avait eu le droit de parcourir – ni même d’approcher. Tel un écureuil, René Le Bihan avait amassé des centaines – des milliers ! –, de dessins, de gravures, de croquis, de peintures, de sculptures, et cela, dans tous les recoins de « son » musée – dont les plus improbables…
Parmi toutes ces trouvailles, d’étranges compositions faites de vieux tissus cousus entre eux, fruits de l’imaginaire sensible d’une artiste brestoise, Marie-Renée Chevallier-Kervern. Ayant débuté par la création de gravures imagées montrant pardons et scènes rurales observés dans les campagnes léonardes durant son adolescence, poussée par un « élan vers l’universel », elle passa d’une peinture riche de réminiscences d’abord nabis, puis fauves et cézaniennes, à des compositions totalement abstraites, avant de « peindre » avec des lambeaux de tissus savamment déchirés et découpés pour créer ses fameuses « étoffes cousues » – qu’elle considérait comme des tableaux à part entière et qui aujourd’hui encore nous interrogent.
Voir René Le Bihan et Marie-Renée Chevallier-Kervern réunis dans le présent Cahier de l’Iroise est un bonheur et une évidence tant leur complicité était grande. Concluons par cette citation signée du conservateur brestois alors qu’il écrivait sur son amie artiste :
L’artiste vrai n’est pas celui qui reproduit le réel mais celui qui le manifeste, qui le rend davantage présent et l’arrache du temps. L’art est un agent réfléchi de savoir, moyen précis de connaissance du monde et de l’homme, prise inconfortable sur le désarroi de l’être.
Brieg Haslé-Le Gall
Président de la Société d'Études de Brest et du Léon
Venant compléter son article « Pour dire adieu à René Le Bihan : le sage turbulent et l’enfant rêveur », le journaliste Jean-Luc Germain vous offre la possibilité de lire son article « Il était une fois la presqu’île de Crozon » paru au printemps 2017 dans Bretagne Magazine N° 96 spécial Été.
En partenariat avec le CRBC UBO-Brest
Salle B001 Yves-Moraud, Faculté Victor-Segalen, à 16h30
Marie-Renée Chevallier-Kervern
en Bretagne : l'élan vers l'universel
par Nadia Podzemskaia, directrice de recherche au CNRS, Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM, CNRS/ENS) & Lorenzo Vinciguerra, professeur de philosophie et d'esthétique à l'université Jules-Verne Picardie, petit-fils de l'artiste
En partenariat avec le service Musées-Patrimoines de Brest métropole
Salle B001 Yves-Moraud, Faculté Victor-Segalen, à 18h
Anatomie du Musée des Beaux-Arts de Brest
De 1875 à aujourd'hui
par Sophie Lessard, directrice du service Musées-Patrimoines et du Musée des Beaux-Arts de Brest métropole
Conférences présentées dans le cadre de la parution
du N° 246 des Cahiers de l'Iroise : René Le Bihan, l'œil absolu
proposant un dossier Marie-Renée Chevallier-Kervern.
Date limite de remise des articles : 10 septembre 2026
Juillet-décembre 2026
Fêtes & festivals brestois
en couverture : projet d'affiche pour les fêtes des Cornemuses
coll. Franseza Haslé-Le Gall
pages couleurs
25 € chez Dialogues
33 € port compris > je commande
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Visuel fond de page : René Le Bihan commentant le tableau Iphigénie en Tauride, École française du XVIIIe siècle, ca 1986. Cliché restauré numériquement par Gilles Cardinal. Arch. de Brest métropole – 2Fi3671