Voir et lire n°215

© Locus Solus - Musée des beaux-arts de Brest
© Locus Solus - Musée des beaux-arts de Brest

Pascal Aumasson (dir.), Les Peintres de Pont-Aven et les Nabis dans les collections du musée de Brest, coéd. Locus Solus - Musée des beaux-arts de Brest métropole océane, 2013, 192 p. ill.

 

Lorsqu’on évoque l’École de Pont-Aven, initiée au cours des années 1880 par Émile Bernard et Paul Gauguin, vite rejoints par Armand Seguin, Paul Sérurier ou Maurice Denis, les amateurs d’art songent inévitablement aux musées d’Orsay, de Pont-Aven ou de Quimper. Mais les Brestois savent-ils que leur musée des beaux-arts présente sur ses cimaises, ou conserve en ses réserves, de petits trésors à l’intérêt indéniable ?

« S’il est un domaine dans lequel le musée de Brest a pris une position agissante, note Pascal Aumasson, conservateur du musée de Brest, c’est bien dans celle des origines du mouvement et particulièrement dans celle de la place respective tenue par Émile Bernard et par Paul Gauguin dans l’élaboration du vocabulaire pictural originel. Pour ancienne qu’elle soit, cette question a stimulé à Brest la recherche d’oeuvres concluantes ». Fort de ce constat, et afin de mettre en valeur ce riche fonds pictural, le musée a présenté du 29 mai 2013 au 5 janvier 2014 ses collections liées à l’École de Pont-Aven, en compagnie d’oeuvres Nabis.

Accompagnant cette superbe exposition, dotée d’une scénographie astucieuse, l’équipe emmenée par Pascal Aumasson publie un catalogue raisonné proposant de retrouver l’intégralité des collections de l’École de Pont-Aven et des Nabis. Ainsi, cent-huit oeuvres (peintures, dessins, gravures, lithographies…) sont recensées, reproduites et mises en exergue en cet ouvrage tout en couleurs. Étonné par la richesse des collections brestoises, le lecteur découvre tour à tour les noms d’Émile Bernard, de Henri Delavallée, de Maurice Denis, de Charles Filiger, de Paul Gauguin (le musée conserve en effet une eau-forte de 1894), d’Émile Jourdan, de Georges Lacombe, de Maxime Maufra, de Henry Moret, de Claude-Émile Schuffenecker, d’Armand Seguin, de Paul Sérusier… autant d’artistes dont les conservateurs successifs ont patiemment regroupé des oeuvres constituant aujourd’hui un très bel ensemble. Reste à espérer que le musée brestois (en association avec les éditions Locus Solus) éditera dans la même collection d’autres catalogues raisonnés de ses riches mais méconnues collections, relevant de registres aussi divers que les peintures anciennes, l’historicisme, les marines, les peintures bretonnes, le symbolisme ou l’art abstrait.

 

Brieg Haslé-Le Gall

© Marc Clérivet / Dastum - PUR
© Marc Clérivet / Dastum - PUR

Marc Clérivet, Danse traditionnelle en Haute-Bretagne. Traditions de danse populaire dans les milieux ruraux gallos (XIXe-XXe siècles), Rennes, Dastum - Presses Universitaires de Rennes, 2013, 460 p. ill.

 

Voici maintenant près de soixante ans que des répertoires de danse issus du vieux fonds traditionnel pratiqué par les populations rurales bretonne sont dansés par des milliers de personnes dans les festoù-noz ou présentés sur scène par des cercles celtiques. Rondes et « ronds », ridées, passepieds, pilées menues, avant-deux, quadrilles… Quelles sont les sources de ces danses ? Dans quelles régions et contextes étaient-elles pratiquées ? Que nous apprennent les collectes, nombreuses mais très circonscrites, qui ont pu être réalisées à leur sujet ?

Contrairement à la zone brittophone, jamais encore la Haute-Bretagne n'avait fait l'objet d'une recherche approfondie capable de répondre à toutes ces questions. Afin d'y voir plus clair, Marc Clérivet s'est efforcé, à la suite de plusieurs autres chercheurs, de réaliser une synthèse de l'ensemble des enquêtes et collectes effectuées sur les danses de Haute-Bretagne depuis le XIXe siècle. Il a ainsi choisi d'aborder, aussi complètement que possible, les pratiques de danse, en décrivant les répertoires recueillis mais aussi les contextes et certaines représentations sociales de la danse dans les milieux ruraux gallos traditionnels.

Contredisant l'idée commune d'une zone culturelle dénuée de répertoires propres, il livre à travers cet ouvrage, le tableau d'une aire riche de pratiques plurielles aux spécificités marquées. Enrichie de nombreuses cartes et illustrations, cette étude nous offre la première vision d'ensemble élaborée sur les traditions populaires de danse en Haute-Bretagne.

© SAHIV
© SAHIV

Bulletin et Mémoires. Société Archéologique et Historique d’Ille-et-Vilaine, tome CXVII, 2013, 346 p. ill.

 

Le volume s’ouvre par les procès-verbaux des activités et se termine par les comptes rendus bibliographiques. Treize articles d’histoire composent le corps de l’ouvrage : trois traitent de Rennes au Moyen Âge et sous l’Ancien Régime ; les autres ouvrent sur l’Ille-et-Vilaine et la Bretagne. Cela forme une belle répartition chronologique même si on peut regretter l’absence de l’Antiquité. Cyprien Henri évoque les évêques de Rennes XIe-XIIe siècles. En plus d’une présentation historique classique du sujet, il s’attache à démontrer que cette époque n’est pas une période de crise de l’Église bretonne, comme cela a été souvent écrit, mais bien une période de renouveau. Augustin Pic reste dans le sujet religieux avec les Jacobins à Rennes, XIVe-XVIIIe siècles. C’est une étude rapide et surtout l’occasion de dresser le portrait de François Jamin (1731-1796 ?). Mathieu Pichard-Rivalan propose un article bien documenté sur les menées de Rennes pour obtenir le conseil et la chancellerie de Bretagne (1498-1543) car la fin du duché de Bretagne et son intégration dans la Couronne de France posent le problème de la localisation des institutions et donc du pouvoir. À la fin du XVe siècle et au début du siècle suivant, Rennes et Nantes se battent pour devenir « capitale » de la Bretagne. Les choses se décident dans les années 1540 et c’est Rennes qui l’emporte, la ville ayant été, semble-t-il, plus efficace en matière de lobbying que Nantes sa rivale. François Baudouin analyse des illustrations du milieu du XVIe siècle évoquant la Vilaine et sa navigabilité. Antoine Rivault aborde l’armée en Haute-Bretagne pendant les guerres de Religion (1562-1563) d’après deux documents inédits. Il s’agit de l’analyse de deux montres militaires concernant l’arrière-ban et les compagnies d’ordonnance qui évoluent en Bretagne dans ces années difficiles et de la structure de l’armée. Les deux actes sont transcrits en annexe. Yann Gaonac’h traite de l’eau, des hommes et des pouvoirs dans les marais de Dol. La mise en valeur des marais dolois démarre au milieu du Moyen Âge ; l’auteur montre le rôle de l’Église et des seigneurs dans ce travail de mise en valeur puis l’intervention de l’État royal et finalement, après la Révolution, la gestion de l’ensemble par une association de propriétaires. Michel Duval se penche sur le commerce des produits ligneux en Bretagne eu XVIIIe siècle : exploitation des forêts, transport et usage du bois en Bretagne à la fin de l’Ancien Régime. Louis Chauris continue à explorer les roches bretonnes et leur histoire, ici à Cancale à travers deux articles sur les épisodes d’un contentieux dans des carrières en 1865-1866 et sur la construction d’un phare sur la pierre de Herpin au large de la ville. Yann Lagadec, Yves Rannou et Jean-Claude Meuret signent plusieurs articles, seuls ou à plusieurs mains, sur la commune de Chelun, la Première Guerre mondiale et ses suites, en particulier l’Union Nationale des Combattants d’Ille-et-Vilaine. Les enfants juifs cachés en Ille-et-Vilaine pendant la Seconde Guerre mondiale sont étudiés par Michel Godet. L’auteur montre au passage les difficultés inhérentes à ce genre de recherches, en particulier la maigreur des témoignages et le problème de la mémoire. Tout cela fait un volume à la fois intéressant et cohérent.

Yves Coativy

© Briac - Arnaud Le Gouëfflec / Sixto
© Briac - Arnaud Le Gouëfflec / Sixto

Arnaud Le Gouëfflec (scénario), Briac (dessin), Philippe Marlu (lettrage), Mac Orlan, Sixto Éditions, avril 2014, 60 p. couleurs.

 

Belle surprise du printemps 2014, Briac et Arnaud Le Gouëfflec composent à quatre mains un atypique album de bande dessinée dédié aux nuits brestoises et au génial Pierre Mac Orlan. Briac (auteur de la couverture de ce numéro des Cahiers de l’Iroise) est un dessinateur remarqué avec ses premiers albums parus aux éditions Le Télégramme. Ainsi, Armen (2008) narrait un angoissant et passionnant huis-clos entre un gardien de phare breton et un officier allemand durant la Seconde Guerre mondiale, tandis que Les Gens du Lao-Tseu (2010) proposait, sous la forme d’un polar urbain, une truculente chronique sociale dans le Brest des années 1920. Avec ce deuxième ouvrage, déjà, des ambiances « à la Mac Orlan » et « à la Pierre Péron » étaient indéniablement présentes… Quant à Arnaud Le Gouëfflec, on ne présente plus ce caméléon brestois : romancier, musicien, scénariste de BD, organisateur du Festival Invisible… ce stakhanoviste n’a de cesse de s’essayer à tous les styles avec une indéniable originalité.

Avec leur bande dessinée Mac Orlan, les auteurs narrent la venue à Brest d’un thésard spécialiste de l’oeuvre de l’auteur de L’Ancre de Miséricorde et des Clients du Bon Chien Jaune. En vue d’achever sa thèse, cet étudiant se rend dans la cité du Ponant afin de rencontrer un bouquiniste qui prétend avoir mis la main sur un manuscrit inédit de l’écrivain de Saint-Cyr-sur-Morin. Pour composer son récit, le scénariste s’appuie bien sûr sur l’oeuvre de Pierre Mac Orlan, en extrait certaines atmosphères caractéristiques et laisse libre cours à son imaginaire de romancier. Quant au dessin expressionniste de Briac, au trait pâteux et aux couleurs sombres (chaque case se présentant comme un véritable petit tableau), il colle parfaitement avec le propos d’Arnaud Le Gouëfflec. S’étant plongé dans les ouvrages de Mac Orlan, Briac en a extrait la quintessence, tout en s’inspirant très librement de l’esthétique des adaptations cinématographiques de La Bandera (un film réalisé par Julien Duvivier en 1935) et du Quai des Brumes (chef d’oeuvre de Marcel Carné filmé en 1938). Il en résulte un bien bel album que nous vous invitons à découvrir.

Brieg Haslé-Le Gall

Briac et Arnaud Le Gouëfflec - cliché © Le Télégramme
Briac et Arnaud Le Gouëfflec - cliché © Le Télégramme

Briac et Arnaud Le Gouëfflec

dans les pas de Pierre Mac Orlan

Avec Mac Orlan, le dessinateur Briac (Armen, Les Gens du Lao-Tseu) et le scénariste Arnaud Le Gouëfflec (Vilebrequin, J’aurai ta peau Dominique A.) consacrent un très bel album de bande dessinée à Pierre Mac Orlan (1882-1970), membre de l’Académie Goncourt, chantre du Brest de l’entre-deux-guerres, maître du «fantastique social», auteur de magnifiques romans nommés Le Chant de l’équipage, À bord de l’Étoile Matutine, Les Clients du Bon Chien jaune, L’Ancre de Miséricorde… Rencontre à Recouvrance.

 

Arnaud, quel est le propos de la bande dessinée Mac Orlan ?

Arnaud Le Gouëfflec : C'est l'histoire d'un spécialiste de l'oeuvre de l’écrivain Pierre Mac Orlan qui vient à Brest pour terminer une thèse qui n'en finit plus, appâté par un bouquiniste qui prétend détenir un manuscrit inédit. Très vite, sa trajectoire s'égare dans la nuit brestoise et vire au cauchemar. S'ensuit une quête nocturne entre onirisme, polar et folie…

 

Votre album comprend-t-il des extraits d'ouvrages de Pierre Mac Orlan ?

Arnaud Le Gouëfflec : Pas à proprement parler, mais il croise en revanche les thèmes de son oeuvre qui sont autant de leitmotivs. Je pense à la figure du Diable, du marin, du pirate, au thème du cabaret, de la lanterne, etc... On a conçu l'intrigue comme un jeu de cache-cache avec ces thèmes, obsessionnels dans l'oeuvre de Mac Orlan.

© Briac - Arnaud Le Gouëfflec / Sixto
© Briac - Arnaud Le Gouëfflec / Sixto

Briac, comment s'y prend-t-on pour retranscrire graphiquement les riches univers de Mac Orlan ?

Briac : J’ai été séduit par les univers de Mac Orlan réinterprétés par Arnaud Le Gouëfflec. Je crois que si Arnaud m'a proposé ce projet, c'est qu'il pensait que mon style graphique conviendrait aux thèmes «macorlanesques». C'est vrai que j’aime ces thématiques : Brest, son port, l'océan, la nuit et ses lanternes, les personnages outrés... Les deux auteurs m'ont gâté ! En outre, le fantastique que Pierre Mac Orlan qualifiait lui-même de «social» a beaucoup de points communs avec l'expressionnisme, à ce qu'il me semble… Il faut plus s'occuper de l'âme que de la réalité ! Techniquement, j'ai travaillé le traitement pictural en mélangeant encres et acrylique sur un fond enduit. Cela a pour but de renforcer l'atmosphère de chaque scène et de rendre le côté «suintant» qu'Arnaud et moi souhaitions pour cette histoire...

© Briac - Arnaud Le Gouëfflec / Sixto
© Briac - Arnaud Le Gouëfflec / Sixto

Quelles sont vos sources d'inspiration ?

Arnaud Le Gouëfflec : J'ai bien évidemment compulsé l'oeuvre de Pierre Mac Orlan et le mémoire universitaire de Sophie Laot, une spécialiste de Mac Orlan qui m'a apporté des clefs précieuses. Et j'ai surtout été inspiré par le dessin de Briac : son côté expressionniste et inquiétant qui me semblait coller parfaitement avec le sujet !

Briac : Je ne me suis pas plongé comme Arnaud dans l'oeuvre mais j'avais, bien sûr, en mémoire deux ou trois romans de Mac Orlan, et deux films qui m'ont vraiment marqué : La Bandera et Le Quai des Brumes avec les somptueux décors d’Alexandre Trauner. Et puisque l'on parle d'expressionnisme – toi, mieux que quiconque, sais à quel point ces références comptent – les films de Friedrich Wilhelm Murnau, de Fritz Lang, des peintres comme Soutine, Emil Nolde ou Egon Schiele m'accompagnent pendant la réalisation de mes planches...

 

Propos recueillis par Brieg Haslé-Le Gall en septembre 2013

Entretien également publié sur le webzine BD auracan.com

© Société polymathique du Morbihan
© Société polymathique du Morbihan

Bulletins et Mémoires de la Société polymathique du Morbihan 2013, 552 p., nombreuses illustrations.

 

L’ouvrage se signale par une superbe photo de couverture qui représente un vanneau huppé arborant des couleurs magnifiques. Le volume est organisé en trois rubriques : archéologie, histoire, patrimoine mais le contenu va au-delà de ces ensembles.

L’archéologie préhistorique est abordée par Joël Lecornec, qui évoque les mégalithes oubliés du Morbihan et les ossaria vénètes, en complément aux recensements déjà existants, et par Reena Perschke qui décrit l’intérêt des Nazis pour les mégalithes morbihannais pendant l’Occupation. Des archéologues allemands, pour des raisons plus ou moins avouables, s’intéressent dès avant la guerre aux menhirs et dolmens. La campagne de France leur offre une occasion inespérée de fouiller en Vannetais jusqu’à 1942. La tentative de débarquement de Dieppe et le renforcement du Mur de l’Atlantique bloquent leurs recherches. La situation est même aggravée par la construction de blockhaus qui empiètent, voire font disparaître certains monuments.

Une autre série d’articles concerne le bâti médiéval et moderne. Christophe Le Pennec rapporte les résultats des fouilles de Vannes en 2011, qui ont permis de mettre au jour des vestiges de la cité médiévale : base de rempart, rue, éléments d’habitat, etc. On notera la découverte d’un jeton de compte du début du XVe siècle particulièrement bien conservé. Francis Ruelle reprend la lecture du pavement médiéval de Suscinio. L’auteur propose une explication argumentée à la présence dans le pavement de la chapelle hors les murs du château de Suscinio d’une croix grecque portant un alphabet. L’article est parfois un peu nébuleux mais une citation de Guillaume Durand, mort en 1328, c’est-àdire contemporain du deuxième état de la chapelle, est tout à fait éclairant et emporte la décision. Il faut y voir un alpha et oméga symbolique que l’évêque de Mende surinterprète quelque peu d’un point de vue symbolique. Marion Mauvais se penche sur la topographie de Vannes au XVe siècle d’après le rentier de 1455-1458 et présente rapidement la structure de la propriété foncière dans les murs de la ville en croisant le rentier avec le cadastre napoléonien. L’histoire et le fonctionnement du présidial sont traités par Jean-Yves Cavaud. Matthieu de Gélis pose des questions intéressantes quant aux « martyrs de Quiberon ». L’article très documenté relate le réemploi de la mémoire de Quiberon par l’aristocratie au XIXe siècle. L’auteur montre bien comment on peut reconstruire l’histoire à des fins politiques et sociales, en l’occurrence, ici, par et pour l’aristocratie. Enfin, Grégory Floc’h fait un point illustré sur l’âge classique du château du Vannetais et Erwan Le Franc, sur l’architecture de la chartreuse d’Auray aux XVIIe et XVIIIe siècles.

La marine fait l’objet de deux communications. Jean-Yves Le Lan raconte la vie d’une flûte, le Massiac, navire de la Compagnie des Indes. Il étudie son armement et ses missions à partir de nombreux documents, cités dans le texte et en annexe, qui éclairent la vie maritime dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Michel Perrin montre le rôle des chaloupes pontés de l’île de Groix au XIXe siècle. Après 1850, les Grésillons font le constat que pour pêcher la sardine, ou tous autres poissons à forte valeur ajoutée, rien ne vaut une barque pontée de plus de 15 tonneaux, avec une moyenne autour de 30 tonneaux. De plus, ces bateaux sont mieux adaptés au cabotage en périodes creuses de pêche. Plusieurs centaines de navires de ce type sont alors lancés, cas unique sur les côtes bretonnes à cette époque.

Plusieurs biographies sont consacrées à des personnalités vannetaises : Yvonnick Danard s’est penché sur la vie de Jean-Jacques Trentinian (1748-1813), négociant, armateur et homme politique de Lorient et de Jean-Julien Le Mauff (1731-1798), un marin breton naviguant pendant la guerre d’Indépendance américaine. Jean Pionnier s’est intéressé aux Martin, négociants à Auray aux XVIIIe et XIXe siècles. Jacques Charpy propose un important article sur Hubert Bouché, député du Morbihan à Bordeaux et Versailles de février à mai 1871 et Gérard Bourré précise les liens qui unissent le Lorientais Eugène Mancel (1789-1875) avec la Sarthe.

Trois articles n’entrent pas dans ce classement. On notera celui de Jacques Chopin sur quelques oiseaux du Morbihan, ensemble de photos commentées qui représentent les oiseaux qui fréquentent le golfe et ses abords. Les images sont de très grande qualité. Tristan Leroy présente le musée de Coëtquidan et aborde ses perspectives d’avenir. Quant à Annick Jousse, elle raconte la riche histoire de la bibliothèque de la Polymathique. C’est une des plus anciennes bibliothèques publiques de Bretagne puisqu’elle se met en place en 1831, avec l’appui de la ville de Vannes. Elle vit passer les grands érudits morbihannais comme l’abbé Luco. Riche de cette histoire, elle compte de nombreux ouvrages anciens et remarquables ainsi que des archives, en cours de numérisation mais une consultation Internet de ces documents ne semble pas encore possible.

Yves Coativy

© L'Express
© L'Express

Brest : À la découverte des trésors cachés, L'Express n°3249, semaine du 9 au 15 octobre 2013.

 

L'hebdomadaire L'Express a publié début octobre un cahier traitant des trésors cachés brestois. Sous la plume de Timothée Barrière, illustrés par un reportage photos d'Anne-Sophie Zica, une vingtaine d'articles aussi surprenants qu'inédits dévoilent ainsi ce que tout un chacun pourrait connaître en passant devant journellement. Mais un peu comme le Parisien qui ne connaît pas sa Tour Eiffel, le Brestois n'imagine pas ce que représente le Lion de Saint-Marc caché derrière l'église du bourg, qui est Jean-Marie Le Bris dont une rue du port porte le nom, ce que renferment les coulisses d'Océanopolis ou celles du Conservatoire Botanique. Et, un peu dans le prolongement de notre Cahier Hors Série n°1 abordant les mystères des sous-sols brestois dont le journaliste mentionne la parution le 24 septembre, quelques surprenants souterrains et blockhaus sont ici cités avec les mêmes intérêts.

Gérard Cissé

© Bruno Calvès / Les Beaux Jours
© Bruno Calvès / Les Beaux Jours

Bruno Calvès, Brest secret et insolite. Les trésors cachés de la cité du Ponant, Les Beaux Jours, 192 p., nombreuses illustrations.

 

Ce petit livre mais grand par son contenu devrait stimuler l'intérêt des Brestois pour l'histoire de leur ville. Bruno Calvès, historien et journaliste, tel un chasseur à l'affût, a su dénicher à force de patience, avec ses yeux grands ouverts ce que tout un chacun aurait pu discerner si les leurs s'étaient arrêtés ne serait-ce qu'un instant sur tel objet, pierre, lieu ou noms dispersés aux quatre coins de Brest, mais aussi dans certains écrits. L'écoute de gens, judicieusement choisis, lui a aussi permis d'engranger des histoires que seule la tradition orale peut transmettre. Je ne dévoilerai pas ici le résultat de ses années de recherches mais mieux qu'un guide touristique, le Brest secret et insolite de Bruno Calvès est un guide indispensable pour se promener intelligemment dans la ville.

Gérard Cissé

La Société d'Études de Brest et du Léon, éditrice des Cahiers de l'Iroise, a été fondée en 1954.

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