Voir et lire n°216

© André Hascoët / Anthyllis
© André Hascoët / Anthyllis

André Hascoët, Rétrospective. Bellevue a 50 ans, Anthyllis, septembre 2013, 128 pages.

 

Née officiellement le 16 janvier 1960, la Z.U.P. de Bellevue (Zone à Urbaniser en Priorité) ne se fera pas en un jour. Sur ce plateau du Bouguen, d’une surface de 181 hectares démarre alors le projet d'une spectaculaire opération d'urbanisme. Les édiles, non sans raisons objectives, espéraient alors que vers l'an 2000 l'agglomération brestoise avoisinerait les 400 000 personnes.

Le pont Robert Schuman qui enjambe la vallée du Moulin à Poudre, 40 mètres plus bas, est inauguré en 1963. Il relie ainsi le cœur de la ville à ce plateau et s’ouvre sur une voie à grande circulation en direction de Saint Renan, tandis que l’embryon de l’Université - que l'on nomme encore "Collège Scientifique Universitaire - commence à chasser les 18 000 personnes vivant en baraques. Sur la totalité de la surface délimitée pour cette ZUP, 35 hectares iront à cette future Université. Le reste, soit 142 hectares supportera l’habitat et les espaces verts. Le plan masse de l’architecte Auffret tire un heureux parti de la topographie en traitant les vallons en coulées de verdure et vise à personnaliser les six futurs nouveaux quartiers : Kergoat, Kerhallet, Quizac, Penfeld, Bellevue et le Bergot.

Engagée en 1965, cette urbanisation est en bonne voie fin 1969. Les traînées de verdure et la réussite de la première unité - Kergoat - laissent bien augurer de la « plus belle ZUP de France ». Elle s’articulera en quatre épis, Bellevue, Kergoat, Kerhallet et Quizac sur le côté d’une voie à grande circulation, l’avenue Le Gorgeu. L’assemblage de deux compositions identiques (Kergoat-Kerhallet) dans une architecture répétitive, a cependant une contrepartie heureuse dans l’utilisation de la topographie d’un terrain capricieux et varié traité de façon astucieusement décorative.

En 1970, la ville crée une mairie annexe à Bellevue. Les services publics, comme les écoles et les collèges, suivront plus tard. Cependant il faudra encore attendre un moment avant que n’arrive la Poste. S’y implanteront aussi la patinoire, une maison de quartier, la Sécurité Sociale et l’E.D.F., autour de son centre commercial principal réalisé en 1971 Place Napoléon III, qui est en quelque sorte, le poumon. Plus qu’un simple quartier, Bellevue fait maintenant un peu figure de ville à part entière dans le paysage urbain brestois. Ce n’est pas par hasard si ses habitants lui préfèrent le nom de « Brest II » à celui de ZUP qui ferait trop référence à une cité dortoir. Une véritable vie de quartier s’est créée autour d’un tissu associatif fort. À la fin des années 1990, la population d’environ 18 000 habitants représente près de 12 % de celle de Brest. Bien qu'ici la mobilité résidentielle soit encore forte, du fait probablement que l’habitat locatif prédomine toujours, elle a sensiblement diminué, beaucoup d’habitants ayant acquis leur logement. Ceux-ci vieillissant sur place stabilisent ainsi ce secteur. Ce quartier que tous s'entendent à appeler dorénavant Bellevue, est devenu, comme une ville nouvelle, un secteur qui a sa personnalité et même, bien que courte, son histoire au même titre que les autres centres vitaux de Brest.

André Hascoët, historien brestois bien connu, qui s'est déjà intéressé à ce secteur en 2006, en publiant Brest II, Bellevue, chronique d'une ville dans la ville aux Éditions Coop Breiz, a choisi le 50ème anniversaire de ce quartier pour en survoler le demi-siècle. Cette Rétrospective présentée de façon originale : une page, une année, avec de petits textes courts et denses est accompagnée de photos judicieusement sélectionnées.

Gérard Cissé

© Pierre Péron / Coop Breizh
© Pierre Péron / Coop Breizh

Françoise Péron, illustrations de Pierre Péron, Brest en chansons, Coop Breizh, collection Carnet de chants, novembre 2013

 

Françoise Péron a réuni dans ce recueil, six chansons incontournables de la mémoire brestoise. Ces textes, illustrés par le crayon si expressif de Pierre Péron, nous remémorent dans leur intégralité des paroles dont souvent nous ne nous souvenons que des refrains. Chantés en général en groupe ou en famille à l'occasion de fêtes, décrivant ce que l'on peut nommer comme étant le « légendaire populaire brestois » sont pourtant encore d'actualité. Le crayon précurseur de Pierre Péron les rehausse parfaitement.

Gérard Cissé

© Bruno Le Floc'h - Brieg Haslé-Le Gall - Armelle Le Minor / Locus Solus
© Bruno Le Floc'h - Brieg Haslé-Le Gall - Armelle Le Minor / Locus Solus

Brieg Haslé-Le Gall et Armelle Le Minor, Une mode à croquer. Bruno Le Floc’h et son Pays bigouden, Locus Solus, 2013, 48 p. ill.

 

L’auteur de bande dessinée Bruno Le Floc’h, récemment décédé, s’est beaucoup intéressé à la Bretagne et au Pays bigouden. Brieg Haslé-Le Gall, bien connu des membres de la Société d’Études, et Armelle Le Minor, veuve du dessinateur, lui consacrent un livre très original. La première originalité se trouve dans la forme de l’ouvrage puisque des pages cartonnées prédécoupées permettent d’interchanger gilets, robes, bragou vraz pour reconstituer des tenues en fonction de son humeur. La deuxième originalité est le thème même du costume bigouden. Le livre, richement illustré de dessins connus ou inédits, présente la variété et le luxe des habits traditionnels des hommes et des femmes du Sud-Finistère. Dernière originalité, le soin apporté par les auteurs à montrer la genèse de l’œuvre à travers croquis, esquisses, influences, etc. On voit ainsi passer, en plus des dessins de Bruno Le Floc’h, des œuvres d’Henri Rivière, Jean-Julien Lemordant, Lucien Simon, etc. Ce très beau livre est un hymne à une Bretagne traditionnelle et malgré tout bien ancrée (nous serions tenté d’écrire « encrée ») dans la modernité. Même si Bruno Le Floc’h ne souhaitait pas être identifié comme LE dessinateur du Pays Bigouden, il est évident qu’il laissera sa marque dans l’iconographie de la région. C’est tout l’intérêt du travail de Brieg Haslé-Le Gall et Armelle Le Minor de le rappeler et de le mettre en image dans un livre de très grande qualité, tant pour la forme que pour le fond.

Yves Coativy

© Cyrielle Durox - Béatrice Riou / Musée de Morlaix
© Cyrielle Durox - Béatrice Riou / Musée de Morlaix

Cyrielle Durox et Béatrice Riou, Au Salon ! Louis-Marie Baader (1828-1920), Musée de Morlaix, 2013, 120 p. ill.

 

Louis Baader (1828-1920) est un peintre morlaisien né à Lannion. Il représente essentiellement des scènes historiques mais il réalise aussi des portraits et fait sur la fin de sa vie un peu de peinture « bretonne », traitée de façon très académique. Sa carrière est particulièrement longue mais il ne connaît pas vraiment le succès malgré sa participation à plusieurs salons. Il bénéficie pourtant de bons appuis politiques qui devraient lui permettre de placer quelques œuvres auprès de l’administration mais ça ne fonctionne que rarement. Le député Guillaume Boudin de Tromelin est son plus fidèle supporter d’autant plus qu’il fréquente des personnages fort influent comme Nieuwerkerke, le directeur des services des musées sous le Second empire. Cet appui lui vaut la commande d’un portrait de Napoléon III en 1859 mais le tableau n’emporte pas l’enthousiasme et joue plutôt un rôle de frein dans la carrière du Morlaisien. Il réussit néanmoins à vendre à l’État quelques grandes toiles comme Le rappel des abeilles (1865) ou Calypso après le départ d’Ulysse (1869). La mort de son protecteur en 1875 n’arrange pas ses affaires même s’il continue à fréquenter des hommes politiques bretons comme le député du Morbihan Audren de Kerdrel. À la fin de sa vie, il rentre à Morlaix où il a le temps d’organiser sa succession avant sa mort le 2 décembre 1920. Il est enterré au cimetière Saint-Charles de Morlaix. On peut voir quelques-unes de ses œuvres au musée des Jacobins comme le tableau En pays conquis de 1859. Catalogue d’une exposition et biographie du peintre, cet ouvrage parfaitement illustré le replace bien dans son contexte, celui de la peinture académique du XIXe siècle, en marge des courants novateurs. C’est une réussite qui enchantera les amateurs d’art et les amoureux de l’histoire de Morlaix.

Yves Coativy

© Patrick Gourlay / Coop Breizh
© Patrick Gourlay / Coop Breizh

Patrick Gourlay, préface de Roger Faligot, Nuit franquiste sur Brest. L'attaque du sous-marin républicain C-2, 1937, Coop Breizh.

 

En septembre 1937, un sous-marin espagnol est pris d'assaut dans le port de Brest par un commando franquiste. Des échanges de tirs ont lieu. Les assaillants doivent se retirer, laissant un mort dans le submersible. En partant de ce fait réel, l'auteur se lance dans une enquête historique passionnante qui se lit comme un roman.

Gérard Cissé

© Marie-Noëlle Fustec
© Marie-Noëlle Fustec

Marie-Noëlle Fustec, préface de Philippe Jarnoux, Guerlesquin. Ville-place du Trégor sous l'Ancien Régime, 550 pages, parution fin juin 2014.

 

Cet ouvrage est à commander en souscription jusqu'au 31 mai 2014 auprès de l'auteur, membre de la Société d'Études et du Léon :

mnf2944@gmail.com

La Société d'Études de Brest et du Léon, éditrice des Cahiers de l'Iroise, a été fondée en 1954.

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